Représentation graphique d'une ville et ses habitants en déplacement en voiture, à pied, en fauteuil roulant

Merci d’avoir fait du Forum d’échange 2019 un succès!

Le Forum d’échange 2019 de Société inclusive s’est déroulé le 27 septembre dernier à Longueuil. Quatre-vingt-douze participants issus des milieux associatif, municipal, culturel, de la santé et des services sociaux et de la recherche étaient présents pour échanger sur le thème de l’inclusion sociale des personnes en situation de handicap.

Fabienne à l’accueil. Sur l’affiche aux couleurs de Société inclusive (orange, bleu et vert), on peut lire « Merci à nos partenaires et chercheurs ».
Fabienne à l’accueil

Retour sur l’année 2018-2019

Philippe Archambault, directeur scientifique de Société inclusive, a dans un premier temps présenté un bref bilan de l’année et des principales activités de Société inclusive. Il a également présenté les résultats d’un sondage réalisé au sein de notre réseau, qui indique que partenaires et chercheurs souhaitent que les activités de concertation menées par Société inclusive soient poursuivies. Une majorité de répondants ont également indiqué souhaiter que les agents de concertation intersectorielle soient davantage impliqués dans la mise en place du partenariat de recherche. Il est possible que le financement des Fonds de recherche du Québec à Société inclusive ne soit pas renouvelé pour février 2020. Le comité des partenaires prévoit une rencontre avec le scientifique en chef du Québec afin de discuter de solutions.

Présentation de Philippe Archambault, directeur scientifique de Société inclusive, devant une salle en délire!
Présentation de Philippe Archambault, directeur scientifique de Société inclusive

Vous pouvez télécharger le diaporama présenté par M. Archambault ainsi que le rapport annuel 2018-2019 :

Diaporama (format PowerPoint)

Rapport annuel 2018-2019

Les projets à l’honneur

En matinée, les projets soutenus par Société inclusive étaient à l’honneur. À la suite des présentations de 2 minutes en rafale, les participants ont pu visiter les kiosques préparés par les équipes et en apprendre davantage sur les projets en cours.

Des participants du Forum discutent avec des membres des équipes pendant la période de visite des kiosques
Des participants du Forum discutent avec des membres des équipes pendant la période de visite des kiosques
Des participants du Forum discutent avec des membres des équipes pendant la période de visite des kiosques
Des participants du Forum discutent avec des membres des équipes pendant la période de visite des kiosques

Les tables rondes

En après-midi, cinq tables rondes ont eu lieu en simultanée sur les thèmes du transport, de la culture, des technologies et des communications, des loisirs et de l’activité physique ainsi que du transfert des connaissances.

1. Les transports en commun réguliers accessibles

Les défis d’utilisation des transports en commun régulier pour les personnes en situation de handicap sont nombreux et diversifiés. Cette table ronde, animée par Émilie Blackburn (agente de concertation intersectorielle pour Société inclusive), a permis de rappeler les enjeux liés à l’accessibilité du transport en commun. Premier constat important : il faut que toute la chaine de déplacements soit fonctionnelle, des rampes d’accès, aux trottoirs, en passant par la fiabilité du réseau (ne pas négliger l’entretien des rampes dépliables des autobus), les correspondances, la standardisation intermodale des mesures d’accessibilité, l’accès à l’information et la formation des usagers et du personnel.

Autre élément primordial : considérer les aspects psychosociaux. L’anxiété et le stress peuvent être des barrières importantes à l’utilisation des transports en commun régulier. Qu’il s’agisse d’une personne habituée au fonctionnement du transport adapté ou d’un aîné devant faire le deuil de la perte de son permis de conduire, ces personnes doivent apprivoiser ce nouvel environnement qui les place souvent en position de vulnérabilité.

Que faire pour relever ces défis : s’inspirer des autres? Oui, pour éviter de reproduire les mêmes erreurs, mais s’assurer que ces idées novatrices répondent aux besoins des gens d’ici et qu’elles s’intègrent bien au milieu. Il est d’ailleurs essentiel de penser l’accessibilité en amont et de sanctionner des lois plus contraignantes pour les contrevenants.

2. Pour un accès inclusif à la culture

Animée par Fabienne Boursiquot, ACI pour Société inclusive, cette table réunissait des passionnées de culture, des chercheures, une artiste professionnelle et des représentantes d’institutions culturelles. Elle visait à discuter des défis, mais aussi d’initiatives inspirantes en matière d’accès à la culture pour les personnes en situation de handicap. Les intervenantes ont en premier lieu insisté sur le principe que toute l’expérience doit être inclusive, de la recherche d’information chez soi à la représentation ou la visite au musée. Elles ont évoqué les notions de liberté, de droit et de plaisir pour définir l’accès inclusif à la culture, et le fait de « se sentir bienvenue ».

Les intervenantes ont insisté sur l’importance de démystifier l’accès à la culture pour les personnes en situation de handicap, tant auprès des organisations, du grand public que des personnes elles-mêmes. Elles ont mentionné l’importance de la « première fois » pour les personnes, et combien les projets de recherche sont des occasions de vivre une première participation à un atelier créatif ou visite au musée, qui peuvent être déterminantes sur la participation sociale et le mieux-être des personnes.

Les intervenantes ont rappelé combien la mise en œuvre d’un accès inclusif à la culture constitue un processus continu. À ce titre, la définition d’un plan d’action peut être un moyen d’impliquer tout le monde au sein d’une organisation et d’amener un changement de vision. Elles ont aussi souligné l’importance de faire une plus grande place aux voix des personnes en situation de handicap, que ce soit dans des rencontres comme cette table ronde, dans des comités d’usagers ou en offrant une tribune aux artistes en situation de handicap. En terminant, on a rappelé l’importance de travailler en collaboration et salué la co-rédaction de la Charte de l’accessibilité culturelle, une initiative d’Exeko, qui sera dévoilée cet automne.

3. Assistance technologique et communication

Les technologies d’assistance sont des éléments déterminants de la participation sociale des personnes ayant des incapacités. Société inclusive finance plusieurs projets qui documentent les facteurs facilitant l’accès et l’utilisation des technologies. Cette table ronde, animée par David Fiset (ACI pour Société inclusive), fut l’occasion d’échanger différentes perspectives au sujet de l’utilisabilité des technologies, de la mise en marché de prototypes, du transfert technologique et des processus de conception des technologies.

Quatre constats principaux sont ressortis de ces échanges : 1) Malgré le grand potentiel d’impact des technologies sur la participation sociale de personnes ayant des incapacités, plusieurs obstacles demeurent quant à leur accès et leur utilisabilité; 2) La considération des besoins et préférences des utilisateurs dans la conception et le transfert des technologies est primordiale pour répondre à la variabilité des besoins spécifiques; 3) La conception et l’adaptation des technologies bénéficient grandement de l’approche de recherche en partenariat afin d’optimiser la complémentarité des forces et expertises des concepteurs, chercheurs et utilisateurs; 4) Le transfert des technologies d’assistance vers les milieux preneurs est limité par les organismes subventionnaires qui demandent de démontrer l’efficacité des nouvelles technologies sans établir des critères et des attentes clairs et précis.

En conclusion, les participants souhaitent rappeler l’importance de travailler en partenariat pour développer des technologies d’assistance adaptables à de multiples besoins, préférences et contextes.

4. Loisirs et activité physique

Société inclusive subventionne plusieurs projets de recherche en partenariat en lien avec la thématique des loisirs et de l’activité physique. Animée par l’incroyable Marie-Michelle Duquette, doctorante en psychologie à l’UQTR, cette table ronde fut l’occasion de mettre en perspective ce qu’est l’« expérience inclusive de loisir ». Comment structurer des activités pérennes? Comment outiller et développer l’autodétermination des pratiquants des activités sans négliger les enjeux de sécurité? Quelles compétences « de base » les bénévoles, mentors ou accompagnateurs devraient-ils acquérir afin de bien jouer leur rôle auprès des personnes ayant un handicap? Comment les organismes pourraient-ils améliorer leurs pratiques de concertation? Ce ne sont pas les idées qui manquent, dans ce milieu très dynamique, pour répondre à ces questions. Pensons par exemple à la plateforme « trouve ton sport » du CIVA, à la carte d’accompagnement de l’AQLPH ou aux projets d’intégration en loisir adapté.

Quelles sont, du point de vue des acteurs du milieu, les prochaines étapes? Ils ont besoin de mesurer l’impact économique des personnes handicapées lorsqu’elles pratiquent des loisirs tout autant que les bénéfices sociaux qui en découlent. Les acteurs signalent un besoin de documenter le nombre de pratiquants des activités et de développer un argumentaire solide afin de faire évoluer les normes régissant le sport et les activités physiques au Québec et, surtout, d’en démontrer l’importance.

5. Formation, littératie, transfert des connaissances

Quels sont les principaux défis ou enjeux en matière de transfert de connaissances dans le champ de la recherche sur la participation sociale des personnes en situation de handicap? Comment s’assurer d’une réelle mobilisation des connaissances dans les milieux visés? Comment mieux arrimer les milieux communautaire, clinique, de la recherche et de l’enseignement universitaire dans cette entreprise? Voici quelques-unes des questions qui ont été soulevées lors de cette table ronde animée par Karine Latulippe, candidate au doctorat en technologie éducative à l’Université Laval.

Les discussions ont fait émerger le concept « d’infusion » pour décrire le processus par lequel un partenaire impliqué dans un projet s’approprie les résultats de recherche. On a mentionné également l’importance de vulgariser davantage les résultats, et d’adapter les stratégies selon les publics cibles. Les partenaires doivent avoir un rôle prépondérant dans ce processus. Les intervenants ont par ailleurs souligné l’importance d’évaluer les impacts du transfert des connaissances. Enfin, on a insisté sur l’importance pour les chercheurs de faire preuve d’humilité et d’assurer une équité entre partenaires.

On n’avait rien, nous voulions tout : le handicap en mouvement

En fin de journée, nous avons eu l’immense plaisir d’entendre Monsieur Patrick Fougeyrollas, anthropologue et chercheur au CIRRIS, en conférence de clôture.

M. Fougeyrollas nous a présenté les résultats d’un travail de recherche portant sur le mouvement communautaire dans le champ du handicap au Québec. Il a ainsi retracé, témoignages à l’appui, 40 ans de lutte, de l’émergence du mouvement dans les années 1970, en passant par le projet de loi 55 sur la protection des personnes handicapées en 1976 et le sommet socio-économique de 1981, qui a exigé un exercice de concertation des organismes et mené à une réelle prise de parole citoyenne.

Patrick Fougeyrollas livrant sa présentation.
Patrick Fougeyrollas livrant sa présentation.

Aujourd’hui, nous avons des politiques importantes au Québec visant à assurer l’exercice des droits des personnes en situation de handicap. Les défis demeurent toutefois dans la mise en œuvre de ces politiques et dans l’évaluation de l’impact à long terme sur la participation sociale. Depuis le début des années 2000, on constate une stagnation, voire un recul en matière d’offre de services aux personnes en situation de handicap, pourtant à la base d’un plein exercice des droits. Patrick Fougeyrollas pointe du doigt la réorganisation du système de santé et des services sociaux et la logique productiviste qui traverse nos institutions. Il déplore un retour vers un processus d’institutionnalisation et une « gériatrisation » des services. D’où la nécessité de maintenir un mouvement fort pour assurer une vigilance constante et continuer de défendre les droits « de la plus grande minorité du Québec ».

Merci!

L’équipe de Société inclusive tient à remercier les partenaires, chercheurs, étudiants et citoyens qui ont participé à ce deuxième Forum annuel. Bien que les résultats de la compilation du formulaire d’évaluation de la journée soient dans l’ensemble positifs, nous avons pris note des commentaires formulés afin d’améliorer nos prochaines activités. D’ailleurs, si vous avez d’autres commentaires relatifs à cette journée, n’hésitez pas à communiquer avec Fabienne Boursiquot pour lui en faire part.

Le Comité exécutif de Société inclusive (de gauche à droite) : Émilie Blackburn, Philippe Archambault, David Fiset, Fabienne Boursiquot et Pierre Chabot.
Le Comité exécutif de Société inclusive (de gauche à droite) : Émilie Blackburn, Philippe Archambault, David Fiset, Fabienne Boursiquot et Pierre Chabot

En terminant, nous tenons à remercier Pierre Chabot pour tout le travail accompli depuis les débuts de Société inclusive. Merci pour tout, Pierre, et bonne retraite!